Comédie dramatique située à Tokyo, Rental Family : dans la vie des autres met en scène Brendan Fraser dans le rôle de Phillip, un acteur américain installé au Japon depuis sept ans. En perte de vitesse, cantonné à quelques publicités pour dentifrice, il accepte un emploi inattendu qui va bouleverser son quotidien.
Phillip est recruté par l’agence « Familles à louer », une structure proposant des proches de substitution à des clients anonymes en situation de détresse. Selon les demandes, il devient faux mari, journaliste fictif ou père de remplacement. Ces missions, fondées sur le mensonge, le plongent rapidement dans un malaise croissant, même s’il s’y engage avec sérieux et professionnalisme.
Au fil des rôles, le personnage développe une véritable tendresse pour les personnes qu’il accompagne. Derrière les scénarios fabriqués, il perçoit des blessures bien réelles et une profonde solitude, partagée par l’ensemble des personnages secondaires. Le film s’attache ainsi à montrer des individus isolés, cherchant à donner un sens à leur existence, quitte à brouiller la frontière entre réalité et fiction.
Ce cheminement fait écho au parcours personnel de Brendan Fraser, dont la carrière a connu un important déclin avant une récente reconnaissance artistique. Cette mise en abyme confère au film une dimension supplémentaire, renforcée par une interprétation nuancée et empreinte d’humanité, largement saluée.
Réalisé par Mitsuyo Miyazaki, dite Hikari, le long-métrage adopte une mise en scène classique et douce, attentive aux détails du quotidien japonais. La réalisatrice s’intéresse également à un phénomène bien réel : l’existence d’environ 300 entreprises similaires au Japon, répondant à un besoin de lien social dans une société marquée par l’isolement.
Même monnayées, ces relations donnent parfois naissance à de véritables amitiés temporaires. Les acteurs, pleinement investis dans leurs rôles, y trouvent eux aussi un sentiment d’appartenance. Par touches d’humour, le film aborde ce sujet sensible sans lourdeur, rappelant que si les rôles sont artificiels, les émotions, elles, ne le sont pas.
