Invitée sur Europe 1 dans l’émission Culture Médias, Catherine Jacob a livré un point de vue sans détour sur la place des « fils et filles de » dans le cinéma. À 69 ans, la comédienne a profité d’un échange consacré à son actualité théâtrale pour élargir la discussion aux mécanismes de reproduction sociale dans le milieu artistique.
En promotion de la pièce Nuit d’ivresse, reprise au Théâtre de la Madeleine aux côtés de Philippe Lellouche, l’actrice a vu la conversation dériver vers l’accès au métier de comédien lorsque l’on est issu d’une famille déjà installée dans le secteur. Révélée au grand public dans La vie est un long fleuve tranquille, rôle pour lequel elle a été récompensée d’un César, Catherine Jacob mène une carrière de plus de quarante ans au cinéma et au théâtre, sans passe-droit familial.
Fille d’un chirurgien-dentiste et d’une orthodontiste, elle a rappelé que rien ne la prédestinait aux plateaux de tournage. « Mais rien ne prédestine personne, si vous voulez », a-t-elle affirmé à propos des enfants de comédiens. Elle a toutefois exprimé des réserves sur la facilité apparente d’accès au métier lorsque le réseau est déjà constitué : « Oui, mais là, moi je trouve qu’il devrait y avoir quelques chirurgies du cerveau. Les fils de, filles de… Bon, je trouve ça un peu fastoche. Mais, le problème, c’est la durée. Il ne s’agit pas de faire deux, trois films, pour qui que ce soit ».
Pour l’actrice, l’enjeu ne réside pas seulement dans l’entrée dans la profession, mais dans la capacité à s’y inscrire durablement. Elle estime qu’hériter d’un nom n’est pas un problème en soi, mais que cela ne garantit pas une carrière solide dans le cinéma. Elle a élargi sa réflexion à d’autres milieux professionnels, évoquant la transmission d’une petite entreprise, d’une ferme ou d’une tradition familiale. Selon elle, ces trajectoires dépendent avant tout des relations avec les parents et du désir éventuel de suivre un autre chemin.
Catherine Jacob n’a jamais eu d’enfant, un choix personnel qu’elle a déjà expliqué publiquement. Sur Europe 1, elle n’a cité aucun nom et a présenté ses propos comme une conviction forgée par l’expérience, sans viser qui que ce soit en particulier.
Melissa Adèle
Coordinatrice éditoriale, en charge de l’actualité des personnalités du cinéma, du sport et de la télévision.
