Nouvelle adaptation du Marsupilami, le film réalisé et interprété par Philippe Lacheau s’avance sur un terrain délicat. L’entreprise apparaît d’emblée comme risquée, tant le long-métrage culte d’Alain Chabat reste une référence fortement ancrée dans l’imaginaire du public.

Cette version conserve toutefois un lien direct avec l’adaptation précédente à travers la présence de Jamel Debbouze, qui reprend le rôle de Pablito Camaron. Il s’agit là de l’un des rares éléments de continuité entre les deux films, le reste s’inscrivant clairement dans l’univers habituel de la “Bande à Fifi”, collectif auquel appartiennent notamment Philippe Lacheau, Tarek BoudaliJulien ArrutiElodie Fontan et Reem Kherici, connus pour leurs comédies au ton potache.

L’intrigue repose sur une nouvelle mission visant à sauver le Marsupilami, convoité par des antagonistes désireux d’exploiter l’animal. L’action se déroule en Palombie et suit David Ticoule, un employé soumis aux ordres de son patron, mafieux à la tête d’un zoo. Contraint de récupérer un colis mystérieux, il se retrouve embarqué dans une croisière entre l’Amérique du Sud et la France, accompagné de son ex-femme et de son fils.

Le colis se révèle être un œuf de Marsupilami, dont l’éclosion transforme rapidement le voyage en enchaînement de situations chaotiques. Cette dynamique donne le ton d’une comédie familiale construite sur l’accumulation de gags et de quiproquos. Le duo formé par Philippe Lacheau et Élodie Fontan fonctionne dans les scènes de couple conflictuelles, souvent basées sur des jeux de vengeance et des plaisanteries directes.

Quelques moments parviennent à susciter un amusement ponctuel, mais l’ensemble souffre d’un manque d’entrain du côté des personnages secondaires. Jamel Debbouze, en particulier, apparaît plus effacé que dans l’adaptation précédente et ne retrouve pas l’énergie qui faisait la singularité de son personnage.

L’humour reste largement cantonné aux codes habituels de la “Bande à Fifi”, avec des blagues jugées puériles et plusieurs références sexuelles, notamment autour d’une scène impliquant le Marsupilami et du Viagra, perçues comme grotesques. La mise en scène, volontairement classique, n’assume pas pleinement la comédie déjantée annoncée et peine à installer un véritable rythme.

Dans sa dernière partie, le film opère un basculement vers un registre plus sérieux et mélodramatique, centré sur les difficultés familiales du héros. Ce changement de ton est perçu comme artificiel et rompt avec l’esprit initialement proposé.

Au final, cette nouvelle aventure du Marsupilami donne l’image d’un projet prudent, qui préfère rester dans des codes éprouvés plutôt que de prendre des risques. Une approche qui laisse le sentiment d’une occasion manquée de proposer une comédie susceptible de marquer durablement le genre.

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