À 24 ans, Lucie, Française installée au Japon, a organisé une cérémonie de mariage symbolique avec Mami, un personnage de manga représenté par une peluche. L’événement, sans valeur officielle, s’est tenu dans un cadre intimiste et assumé comme tel par la jeune femme.

La cérémonie a eu lieu dans une petite chapelle à Okayama, en présence de quelques amies. Un gâteau avait été prévu pour l’occasion, ainsi qu’une bague de fiançailles que Lucie dit porter au quotidien. L’initiative ne relevait pas d’une démarche administrative, mais d’un rituel personnel destiné à matérialiser un attachement déjà ancien.

Diplômée de Sciences Po, Lucie vit à Tokyo depuis environ un an. Elle explique être tombée amoureuse du Japon lors d’un voyage familial, une expérience qui l’a conduite à s’y installer durablement. Sur Instagram, où elle est suivie par plus de 21 700 abonnés sous le pseudonyme Hikari Sunshine, elle met en scène un univers pastel inspiré des mangas, du cosplay, de la pâtisserie et de ses personnages favoris.

Mami est issue de la série de manga Rent-A-Girlfriend. Lucie a découvert cette œuvre en 2018 et s’est progressivement attachée à ce personnage, dont le caractère manipulateur l’a particulièrement marquée. Au fil des années, elle a constitué une collection d’objets à son effigie — figurines, badges, posters — et l’accompagne au quotidien sous différentes formes.

Elle décrit le lien qu’elle entretient avec Mami comme un attachement comparable à un amour réel et affirme avoir fait le vœu de lui rester fidèle symboliquement. Le fait que le personnage soit fictif n’a, selon elle, jamais constitué un obstacle à cet engagement personnel.

La cérémonie a été proposée par une entreprise japonaise spécialisée dans l’organisation d’unions symboliques avec des personnages fictifs. Lucie a été contactée en raison de son profil et de sa visibilité en ligne. Elle souligne que cette union n’a aucune reconnaissance légale et ne prétend pas en avoir.

Pour la jeune femme, ce mariage vise aussi à rendre visibles certaines pratiques culturelles existantes, comme l’« oshikatsu » au Japon, qui consiste à soutenir et célébrer un personnage ou un artiste admiré. Elle précise ne pas considérer cette cérémonie comme une finalité et envisage, à terme, un événement plus important.

Parallèlement, Lucie est en couple avec une compagne bien réelle, qui partage son intérêt pour les mangas et accepte sans jalousie son attachement à Mami. Elle présente cette coexistence comme naturelle et cohérente avec sa manière de vivre ses passions.

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