En Australie, les grandes plateformes de réseaux sociaux ont supprimé environ 4,7 millions de comptes identifiés comme appartenant à des enfants depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction de leur usage par les moins de 16 ans. Le gouvernement affirme que cette mesure marque une application effective de la loi et qu’elle donne aux parents des moyens supplémentaires pour protéger leurs enfants en ligne.
Selon l’exécutif, des entreprises technologiques puissantes ont été contraintes de se conformer à un cadre légal strict, assorti de sanctions financières importantes. Les plateformes qui ne prennent pas de mesures jugées raisonnables pour supprimer les comptes de mineurs s’exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens. Les autorités estiment que l’ampleur des suppressions de comptes constitue un signal encourageant quant à l’efficacité du dispositif.
La réglementation concerne notamment Meta et ses services Facebook et Instagram, ainsi que TikTok, X, YouTube, Snapchat, Reddit, Threads, Kick ou Twitch. Certains services de messagerie ne sont en revanche pas soumis à l’interdiction. Les plateformes disposent de plusieurs moyens pour vérifier l’âge des utilisateurs, allant de la demande de pièces d’identité à l’estimation de l’âge à partir du visage ou à l’analyse de données déjà associées aux comptes.
L’enjeu est d’autant plus important qu’environ 2,5 millions d’Australiens ont entre 8 et 15 ans. Des estimations antérieures indiquaient que 84 % des enfants âgés de 8 à 12 ans possédaient déjà un compte sur un réseau social avant l’interdiction. Les dix plus grandes entreprises concernées ont transmis leurs rapports dans les délais requis et respecté les règles initiales, mais elles doivent désormais empêcher la création de nouveaux comptes par des enfants ou toute tentative de contournement de la loi.
Les chiffres détaillés par plateforme n’ont pas été rendus publics. Meta a toutefois indiqué avoir supprimé près de 550 000 comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 16 ans. Le groupe a critiqué l’interdiction, estimant que des plateformes plus petites, non couvertes par la loi, pourraient être moins attentives à la sécurité et que les enfants restent susceptibles d’être exposés à des contenus via des systèmes de recommandation.
La mesure a alimenté un débat national sur l’usage des technologies, la protection de la vie privée, la sécurité des enfants et les effets sur la santé mentale. Elle bénéficie du soutien de nombreux parents et d’organisations de protection de l’enfance, mais elle est contestée par des défenseurs des libertés numériques et certains groupes de jeunes. Des utilisateurs affirment par ailleurs avoir réussi à contourner les contrôles d’âge, parfois avec l’aide de parents ou de frères et sœurs plus âgés.
Des responsables de l’opposition estiment que les jeunes peuvent facilement se tourner vers des applications moins régulées. Les autorités ont toutefois observé, au début de l’interdiction, une hausse des téléchargements d’applications alternatives sans augmentation équivalente de leur utilisation réelle. Dans le même temps, plusieurs pays étudient des dispositifs similaires, une évolution saluée par certains responsables politiques australiens. Le régulateur national prévoit enfin d’introduire de nouvelles règles plus strictes concernant les compagnons d’intelligence artificielle et les chatbots.
