À Manhattan, la circulation s’interrompt parfois pour laisser passer Wanda, une « diva » pas comme les autres, en route vers les coulisses du Metropolitan Opera. Encouragée par un membre du personnel avant son entrée en scène, l’ânesse fait désormais partie du quotidien de cette institution lyrique, où elle participe régulièrement aux productions.

Une préparation adaptée aux exigences de la scène

Avant chaque représentation, Wanda suit une préparation précise. Une pédicure permet notamment de retirer le foin et les débris accumulés sous ses sabots. Ces soins font partie des conditions nécessaires à sa présence sur scène, au même titre que les répétitions et les temps de repos. Depuis plusieurs saisons, l’ânesse intervient dans différentes œuvres du répertoire classique.

Une présence intégrée à La Bohème

Dans l’acte II de La Bohème, l’opéra de Giacomo Puccini qui se déroule dans le Paris du XIXᵉ siècle, Wanda apparaît au milieu de nombreux artistes. Lors d’une scène de marché, elle tire la charrette du marchand de jouets Parpignol. Coiffée d’un chapeau magenta et parée d’un collier de froufrous, elle évolue entourée de dresseurs costumés, pleinement intégrée à la mise en scène.

L’acteur Gregory Warren, qui interprète Parpignol, la caresse régulièrement pour la rassurer. Il souligne son calme et estime que sa présence apporte une énergie particulière à la scène.

En coulisses, une organisation spécifique

En dehors de la scène, Wanda partage parfois les coulisses avec Max, un cheval à la robe baie qui participe également aux représentations. Selon sa dresseuse, Angelina Borello, Max profite souvent de ces moments pour se reposer, tandis que Wanda reçoit volontiers des attentions de l’équipe. Elle a succédé à un autre âne, aujourd’hui à la retraite dans une ferme.

Lorsque plusieurs rôles s’enchaînent, Wanda est hébergée dans des écuries situées dans le Bronx afin de limiter les déplacements. Le reste du temps, elle vit dans le nord de l’État de New York. Elle a également été sollicitée en dehors de l’opéra, notamment lors de processions religieuses organisées à Manhattan.

Bien-être animal et débats autour de la scène

Nancy Novograd, à la tête de l’agence All Tame Animals, décrit Wanda comme une habituée des environnements exigeants. Elle rappelle que les animaux de scène doivent, comme les artistes humains, faire preuve de concentration et de confiance dans des contextes inhabituels.

La régisseuse Hester Warren-Steijn insiste de son côté sur la nécessité de veiller en permanence au bon traitement des animaux et d’anticiper des solutions alternatives, par exemple en cas de contraintes médicales pour les chanteurs. L’utilisation d’animaux vivants dans les spectacles reste critiquée par certaines associations de défense animale, mais la direction de l’opéra new-yorkais considère que leur présence participe à l’identité des productions et répond aux attentes du public.

Nancy Novograd reconnaît toutefois que tous les animaux ne sont pas adaptés à la scène et qu’ils ne doivent pas travailler si l’expérience s’avère trop contraignante. Selon elle, certains, comme Wanda, trouvent dans ces conditions une stimulation compatible avec leur bien-être.

Une fin de représentation ritualisée

Une fois le rideau tombé, Wanda reçoit une récompense attendue : quelques bonbons à la menthe, distribués uniquement en fin de soirée afin d’éviter toute distraction pendant le spectacle. Une attention qui marque la fin de la journée pour cette ânesse, devenue une figure discrète mais reconnue de l’opéra new-yorkais.

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