Le Black Ivory est aujourd’hui considéré comme le café le plus cher du monde. Encore peu connu du grand public, il se distingue par un procédé de fabrication atypique et par une production extrêmement limitée. Issu d’un processus impliquant la digestion d’éléphants, ce café de luxe suscite à la fois curiosité, intérêt économique et interrogations éthiques.
Le principe de fabrication du Black Ivory repose sur un mécanisme comparable à celui d’autres cafés issus d’une digestion animale. Les éléphants consomment des cerises de café soigneusement sélectionnées, intégrées à une alimentation variée et équilibrée. Leur système digestif ne dégrade pas entièrement les grains, qui sont ensuite retrouvés presque intacts dans les excréments. Au cours de la digestion, les grains subissent des transformations cellulaires qui influencent leurs caractéristiques gustatives, tout en conservant l’apparence d’un grain de café classique.
La récolte s’effectue directement à partir des déjections d’éléphants. Cette tâche est assurée par des jeunes de la région, souvent des étudiants. La rémunération proposée est nettement supérieure à celle de la récolte traditionnelle du café, atteignant un niveau environ dix fois plus élevé. Cette activité représente une source de revenus complémentaire et a un impact économique positif sur la population locale.
Une fois récupérés, les grains sont minutieusement nettoyés, puis torréfiés avant d’être expédiés. La majorité de la production est destinée à des hôtels de luxe, tandis qu’une faible quantité est vendue en ligne. Ce circuit de distribution restreint participe au positionnement haut de gamme du produit.
D’un point de vue gustatif, l’auteure des informations disponibles n’a pas goûté le café. Selon les retours de consommateurs et les descriptions fournies, le Black Ivory offrirait une boisson douce, avec une rondeur marquée et un corps prononcé. Ces caractéristiques le distingueraient des cafés classiques, à l’image d’autres cafés obtenus grâce à un processus de digestion animale.
La production du Black Ivory est concentrée en un seul lieu au monde, dans un refuge pour éléphants situé dans la province de Surin, en Thaïlande. Le site accueille un peu moins de deux cents éléphants. Les animaux ne sont pas nourris exclusivement de cerises de café, celles-ci étant mélangées à une alimentation équilibrée, ce qui limite fortement les volumes produits.
Les cerises utilisées sont sélectionnées à la main par des caféiculteurs. Il s’agit d’un café Arabica cultivé à environ 1 500 mètres d’altitude. Seules les cerises mûres et juteuses sont retenues. Le rendement est particulièrement faible, puisqu’il faut environ trente-trois kilogrammes de cerises pour produire un kilogramme de café exploitable, ce qui contribue directement à la rareté du Black Ivory.
Le prix du Black Ivory atteint des niveaux exceptionnels. Selon les canaux de vente, le kilo se situe entre 1 700 et 2 300 euros, tandis qu’un paquet de 35 grammes est proposé à un tarif dépassant 80 euros. Ces montants placent ce café au sommet des produits les plus onéreux du marché.
La question du bien-être animal occupe une place centrale dans les comparaisons avec d’autres cafés similaires. Contrairement à certaines pratiques observées ailleurs, les éléphants impliqués dans la production du Black Ivory vivent dans un refuge où ils sont protégés. Beaucoup y ont été accueillis après avoir subi des maltraitances. Leur alimentation reste proche de celle qu’ils auraient à l’état naturel, les cerises de café ne représentant qu’une part limitée de leur régime. Cette approche contribue à la faible production et renforce la rareté du café.
Le Black Ivory s’impose ainsi comme un produit à part dans l’univers du café, combinant procédé de fabrication insolite, production confidentielle et prix très élevés. Il demeure réservé à un public restreint, tout en illustrant une forme extrême de café de luxe.
