Une bouteille de vin rosé « Côtes de Gascogne » affichée au prix de 0,01 euro a provoqué une vive polémique dans un supermarché Lidl de Sérignan, près de Béziers, dans l’Hérault. L’information, révélée par France 2, a rapidement fait réagir clients, syndicats agricoles et professionnels de la filière viticole, dans une région où la production de vin occupe une place centrale.
Une offre affichée à un prix symbolique
L’étiquette en cause présentait une « Offre Flash » à 0,01 euro, au lieu du prix initial de 2,99 euros, avec une période de validité annoncée du 8 décembre au 18 janvier. Visible en rayon, ce prix extrêmement bas a suscité l’incompréhension et l’indignation de plusieurs clients interrogés par une équipe de France 2 sur place.
Certains ont mis en doute la viabilité économique d’un tel tarif, tandis que d’autres y ont vu un message dévalorisant pour le travail des viticulteurs. Une cliente a ainsi déclaré ne pas comprendre comment une bouteille pouvait être proposée à ce prix, tandis que la mère d’un vigneron a jugé la situation « pas normale ».
La version de Lidl
Face à la polémique, la direction de Lidl a retiré la bouteille concernée des rayons. L’enseigne assure qu’aucune bouteille n’a été vendue à 0,01 euro et évoque une simple erreur d’étiquetage.
Selon son service communication, le produit était un invendu destiné à être retiré du magasin. En interne, son prix aurait été ramené à zéro dans le système informatique, mais une erreur de mise en rayon aurait laissé la bouteille visible avec un affichage à 0,01 euro. Le produit aurait été retiré immédiatement après le signalement.
Les doutes des syndicats viticoles
Le syndicat des vignerons de l’Hérault conteste cette version et soupçonne un changement de discours face à l’ampleur des réactions. Jean-Pascal Peragatti, coresponsable de la FDSEA de l’Hérault, indique qu’un viticulteur lui a transmis des photos de l’étiquette. Il affirme que Lidl aurait d’abord parlé d’une sortie de stock d’un produit non référencé avant d’évoquer une erreur d’étiquetage.
Il critique une justification qu’il juge récurrente et annonce que la FDSEA va surveiller les magasins Lidl du département dans les jours suivants. Une mobilisation est envisagée si une situation comparable devait se reproduire.
Une image jugée dégradante pour la filière
Pour les syndicats, l’affichage d’un vin à 0,01 euro porte atteinte à l’image du secteur viticole. Jean-Pascal Peragatti souligne que les producteurs de la région rencontrent déjà des difficultés pour écouler leur production. Selon lui, ce type de prix peut inciter les consommateurs à se détourner des vins locaux et à remettre en cause la valeur de bouteilles vendues plusieurs euros.
Il estime que d’autres solutions auraient pu être envisagées, comme une offre promotionnelle différente ou un don à des associations caritatives, notamment les Restos du Cœur.
Une explication confirmée par la FDSEA 34
Sophie Noguès, présidente de la FDSEA 34, confirme que le produit aurait dû être retiré de la gondole après le passage de son prix à zéro dans le système informatique. Elle indique qu’un oubli du metteur en rayon expliquerait la situation et que le vin a été retiré immédiatement après l’appel du syndicat.
Cet épisode, survenu dans un contexte de fragilité économique pour de nombreux viticulteurs du Languedoc, relance le débat sur les pratiques de distribution et la perception du prix du vin. Il illustre également la sensibilité du sujet dans une région où la filière viticole reste un enjeu économique et symbolique majeur.
