Le Premier ministre a tenu ce lundi sa troisième conférence de presse consacrée au budget 2026. François Bayrou y a défendu son plan d’économies de 44 milliards d’euros, en alertant sur un surendettement qu’il juge « immédiat » et « mortel » pour l’avenir du pays.
Trois dates marquent la rentrée budgétaire du gouvernement : le 15 avril, le 15 juillet et désormais ce 25 août. François Bayrou a de nouveau réuni la presse, rue de Ségur à Paris, pour détailler les grandes lignes du budget 2026. Objectif affiché : trouver plus de 40 milliards d’euros d’économies, au prix de mesures controversées comme le gel des pensions, une « année blanche » fiscale et la suppression de deux jours fériés.
Une dette devenue « le premier budget de la nation »
Dès l’ouverture de son discours, à 16h10, le Premier ministre a dressé un constat inquiétant. « Nous vivons un moment préoccupant et décisif de notre histoire », a-t-il affirmé, avant d’insister sur l’ampleur du problème de l’endettement. Selon lui, la dette publique a gonflé de 2 000 milliards d’euros en vingt ans, dont la moitié entre 2015 et 2025. « Chaque heure a ajouté 12 millions d’euros supplémentaires », a-t-il martelé, estimant que « l’avenir nous sera interdit » si rien n’est fait.
La charge de la dette, a poursuivi Bayrou, « deviendra cette année le premier poste budgétaire de la nation », dépassant les crédits de l’Éducation nationale et des Armées. Les chiffres avancés sont vertigineux : 60 milliards d’euros consacrés aux intérêts en 2024, 66 milliards cette année, et « au mieux 75 milliards » en 2026.
Un plan d’économies qui attise la contestation
Présenté mi-juillet, le plan de rigueur du gouvernement prévoit 43,8 milliards d’euros de coupes. Parmi les mesures, la suppression du lundi de Pâques et du 8 mai, censée rapporter 4,2 milliards, rencontre une franche hostilité. Un sondage Odoxa publié dimanche révèle que 84 % des Français y sont opposés.
Ces annonces ont ravivé la contestation sociale. Le mot d’ordre « Bloquons tout », relayé par La France insoumise, les écologistes et les communistes, appelle à une journée d’action nationale le 10 septembre. Le Parti socialiste a également annoncé qu’il « accompagnerait » cette mobilisation.
Une rentrée sous tension politique
La conférence de presse de ce lundi n’est que le premier temps fort d’une semaine décisive pour François Bayrou. Le chef du gouvernement doit s’exprimer mardi lors de la rentrée de la CFDT, puis jeudi devant le Medef, avant un déplacement vendredi à la Foire de Châlons-en-Champagne. Mais la bataille la plus redoutée se jouera à l’Assemblée nationale : plusieurs groupes d’opposition envisagent de déposer une motion de censure contre son budget.
« Il n’y a aucun moyen de s’en sortir si on fait semblant », a résumé François Bayrou, appelant à un sursaut collectif. Reste à savoir si son discours alarmiste convaincra, ou s’il nourrira davantage la contestation sociale et politique.

