Ethan Hawke estime que le métier d’acteur traverse une évolution marquée par une attente nouvelle : celle de réaliser soi-même des scènes d’action autrefois confiées à des cascadeurs. Une tendance qu’il attribue directement à l’influence de Tom Cruise et à l’impact de ses performances dans la saga Mission: Impossible.
S’exprimant lors de sa participation à un festival, Hawke explique ressentir personnellement cette pression, évoquant une « nouvelle ère des cascades » qui se serait imposée à Hollywood. Selon lui, l’idée s’est progressivement installée que le recours à des doublures serait perçu comme un manque de courage, une évolution qu’il observe avec un certain agacement. « Tom Cruise a totalement changé ce que l’on attend aujourd’hui des acteurs », déclare-t-il, ajoutant qu’une part de lui se dit aujourd’hui « un peu en colère » face à cette norme implicite.
Ces propos accompagnent la présentation de The Weight, un film historique se déroulant dans les années 1930, en pleine Grande Dépression. Hawke y partage l’affiche avec Russell Crowe. Il incarne un veuf séparé de sa fille, envoyé dans un camp de travail d’une extrême brutalité. Le directeur du camp, interprété par Crowe, lui propose une libération anticipée en échange d’une mission clandestine : transporter de l’or à travers des territoires hostiles.
Le parcours du personnage met le corps à rude épreuve, entre conduite périlleuse, combats à mains nues et immersion dans une rivière glacée. Hawke insiste toutefois sur le fait que le film évite toute surenchère spectaculaire. Il se dit attaché à des scènes d’action « humaines, faisables », sans explosions démesurées ni ressorts « super-héroïques ».
Le réalisateur Padraic McKinley, qui retrouve Hawke après leur collaboration sur The Good Lord Bird, nuance cette modestie. Selon lui, l’acteur a réalisé l’ensemble des cascades du film, y compris la conduite de véhicules anciens aux embrayages capricieux. Un seul plan large a été confié à une doublure, après qu’Hawke a manqué de peu de se déchirer un ischio-jambier « jusqu’à l’os ».
Sans chercher à se comparer à Tom Cruise, Ethan Hawke conclut en rappelant que l’engagement d’un acteur ne se mesure pas uniquement au danger physique. Pour lui, le courage ne dépend pas nécessairement de la hauteur du vide sous ses pieds, mais aussi des choix artistiques et humains portés à l’écran.
