Acteur américain né sourd et lauréat d’un Oscar, Troy Kotsur explique apprécier particulièrement les films d’horreur pour une raison singulière : ne percevant pas le son, il observe avant tout les réactions physiques du public. Les sursauts, les cris, les gestes de peur ou de surprise deviennent, selon lui, un « spectacle gratuit » qui enrichit l’expérience en salle.

Kotsur souligne que le plaisir du cinéma d’horreur ne repose pas uniquement sur le son ou les effets de surprise, mais sur la dimension collective de la projection. Pour lui, ce genre cinématographique fait partie des rares formes de cinéma qui nécessitent encore un espace partagé, où les émotions sont vécues simultanément par l’ensemble des spectateurs.

Cette approche se retrouve dans Primate, film d’horreur dans lequel il interprète le père d’adolescents. Kotsur estime que le long métrage est pensé pour être vu au cinéma, notamment dans des pays où la sortie en salle demeure une expérience collective forte. Le film est réalisé par Johannes Roberts et raconte l’histoire d’une famille qui élève un chimpanzé nommé Ben comme un animal de compagnie, avant que ses instincts sauvages ne refassent progressivement surface, plongeant la situation dans le chaos.

L’actrice Johnny Sequoyah, qui incarne Lucy, insiste elle aussi sur l’importance de la panique collective en salle. Elle décrit des réactions intenses observées lors des projections, soulignant que les cris et les rires du public participent pleinement à l’expérience. Elle affirme par ailleurs son attachement personnel aux cinémas, qu’elle considère comme des lieux essentiels et irremplaçables.

Kotsur précise que Primate s’adresse aussi bien aux publics sourds qu’entendants, sans chercher à transformer l’accessibilité en démonstration pédagogique. Il rappelle que, historiquement, le public sourd a souvent été isolé dans les espaces culturels, alors que le film permet ici une réaction émotionnelle partagée entre tous les spectateurs. Selon lui, le cinéma repose avant tout sur le fait de raconter des histoires vécues collectivement.

La discussion évoque également les inquiétudes liées à l’avenir des salles de cinéma, comparées par Leonardo DiCaprioà des lieux culturels exclusifs potentiellement menacés. Dans ce contexte, Primate s’inscrit comme un film de monstres assumé, qui ne se présente ni comme un chef-d’œuvre ni comme une satire sociale, mais comme une œuvre conçue pour provoquer cris, rires et réactions spontanées. Sequoyah précise que le film n’est pas fait pour être analysé, mais pour offrir une expérience cathartique mêlant amusement et peur.

Le récit pose enfin la question du véritable méchant : le chimpanzé ou les humains persuadés de pouvoir le contrôler, tout en délivrant un message clair contre l’adoption de chimpanzés comme animaux de compagnie. Ben est présenté comme la véritable vedette du film, grâce au travail préparatoire et aux performances de Miguel et Nadia, jugées par les acteurs particulièrement crédibles et effrayantes.

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