Il y a des sujets qui s’invitent dans le débat public comme un bruit de fond persistant, impossible à ignorer. Celui du maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, malgré sa condamnation pour « corruption de mineur », en fait partie. Sonia Mabrouk a fini par s’y arrêter, contrainte de clarifier une situation devenue presque surréaliste.

La journaliste a rappelé, avec une sobriété qui tranche avec l’absurdité du débat, que cette décision ne relevait pas d’elle. Le choix a été assumé par la direction de CNews, qui a invoqué une fidélité envers l’animateur. Une loyauté présentée comme une ligne éditoriale, pendant que la polémique, elle, continue de tourner en boucle.

Sonia Mabrouk a précisé que sa prise de parole faisait suite à une question du député socialiste Jérôme Guedj. Interrogée publiquement, elle a répondu sans chercher à esquiver, tout en rappelant son respect pour sa direction et pour la hiérarchie à laquelle elle appartient. Une réponse cadrée, presque administrative, face à une affaire qui déborde largement le cadre habituel des plateaux télévisés.

Elle a surtout insisté sur un point qu’elle juge essentiel : le maintien à l’antenne ne constitue en aucun cas une caution des faits reprochés. Pas de complaisance morale, pas de relativisation. Les faits sont graves, a-t-elle souligné, et leur gravité n’est ni niée ni atténuée par la décision de la chaîne, aussi déroutante puisse-t-elle paraître à beaucoup.

Derrière ce discours mesuré, Sonia Mabrouk a toutefois reconnu une préoccupation plus personnelle. Une inquiétude réelle, presque silencieuse, qui contraste avec la mécanique bien huilée des justifications institutionnelles. Comme si, au-delà des communiqués et des réponses officielles, restait un malaise difficile à dissiper, suspendu quelque part entre l’antenne et la conscience.

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