Une lectrice relate l’histoire de sa famille, marquée par une séparation de plusieurs décennies entre une branche bretonne et des proches installés en Amérique du Nord. Ce récit met en lumière un parcours migratoire, des liens rompus par les circonstances et une correspondance retrouvée qui a permis de renouer des relations durables.

Une jeunesse bretonne et un départ précoce

Originaire du Morbihan, Marie-Julienne est l’aînée d’une fratrie de quatre enfants. Encore jeune, elle quitte son village pour travailler à Nantes afin de subvenir aux besoins de sa famille restée en Bretagne. Comme beaucoup de jeunes femmes de l’époque, elle trouve un emploi en ville tout en conservant des liens étroits avec les siens.

Une rencontre déterminante à Nantes

C’est à Nantes que Marie-Julienne fait la connaissance de Charles, un soldat américain débarqué à Saint-Nazaire avec les volontaires venus d’outre-Atlantique. Malgré la barrière de la langue, une relation se construit. Charles lui promet le mariage si elle accepte de le rejoindre aux États-Unis.

La traversée vers l’Amérique

Après un séjour auprès de sa famille en Bretagne, Marie-Julienne prend la décision de partir. Elle embarque au Le Havre à bord du transatlantique La Touraine. Le voyage la mène à New York, où elle passe par Ellis Island, étape incontournable pour les migrants.

À son arrivée, le couple se marie et s’installe à Olean. De cette union naît une fille, prénommée Marcelle.

Des liens maintenus puis interrompus

Marie-Julienne revient à deux reprises en Bretagne avec sa fille pour rendre visite à sa famille. Une nouvelle venue est envisagée, mais le contexte international empêche ce déplacement. Peu de temps après, Marie-Julienne décède de la tuberculose, laissant Marcelle seule avec son père.

Des cartes postales restées sans réponse

Marcelle envoie deux cartes à la famille bretonne. L’une d’elles parvient à destination mais reste sans réponse, aucun membre de la famille ne maîtrisant l’anglais et les échanges internationaux étant alors complexes. La carte n’est cependant pas jetée et est conservée pendant des décennies.

La reprise du contact après quarante ans

Bien plus tard, cette carte est retrouvée. La famille décide alors d’écrire à Marcelle, qui s’est mariée avec un Canadien et s’est installée en Ontario. Une lettre rédigée en français est traduite en anglais et envoyée à l’adresse figurant sur la carte.

Marcelle n’y réside plus, mais le facteur parvient à la localiser et à lui remettre le courrier. Une réponse est reçue, suscitant une vive émotion après quarante années de silence.

Des retrouvailles et des liens durables

Pendant onze ans, les échanges se poursuivent par lettres, photographies et nouvelles familiales. Une première visite est organisée au Canada, permettant à la lectrice de rencontrer Marcelle et l’ensemble de sa famille.

Depuis, les deux branches familiales ont renoué des relations régulières, à l’occasion de vacances, de réunions familiales et de mariages, redonnant une continuité à une histoire interrompue pendant plusieurs décennies.

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