Largages aériens et lutte biologique
Depuis plusieurs mois, des drones survolent différentes zones d’Hawaï pour y relâcher des millions de moustiques mâles élevés en laboratoire. Porteurs de la bactérie Wolbachia, ils s’accouplent avec des femelles sauvages, mais les œufs qui en résultent n’éclosent pas. Cette méthode vise à limiter la prolifération des moustiques tout en réduisant le recours aux insecticides. Les opérations sont répétées à plusieurs points de l’archipel afin de couvrir des zones vulnérables.
Une menace persistante pour les oiseaux endémiques
Les moustiques présents à Hawaï transmettent le paludisme aviaire, une maladie qui fragilise fortement la faune locale. Les oiseaux connus sous le nom de honeycreepers figurent parmi les espèces les plus touchées : près de cinquante espèces étaient recensées autrefois, mais seules dix-sept subsistent aujourd’hui, toutes classées comme menacées. Longtemps, les zones d’altitude offraient une protection naturelle grâce à des températures plus basses. Le réchauffement climatique a toutefois permis aux moustiques d’atteindre ces milieux, réduisant les refuges disponibles pour les oiseaux.
Une première mondiale à grande échelle
À cette échelle, l’emploi de drones pour disperser des moustiques porteurs de Wolbachia constitue une première mondiale. Cette technologie offre un coût inférieur à celui des hélicoptères et dépend moins des conditions météorologiques. Les moustiques concernés peuvent transmettre la dengue, Zika ou le paludisme, mais ils ne représentent pas, selon les autorités locales, un risque majeur pour la santé humaine dans l’archipel. Leur reproduction inhibée permet surtout d’agir sur la dynamique des populations sauvages.
Un programme parallèle sur l’île de Grand Cayman
Une initiative similaire est menée sur l’île de Grand Cayman. Le Cayman Islands Mosquito Research and Control Unit (MRCU) y élève lui aussi des moustiques mâles infectés par Wolbachia et utilise des drones pour les disperser sur les zones ciblées. Lorsque ces mâles s’accouplent avec des femelles locales non infectées, les œufs produits ne sont pas viables. Le programme vise à réduire progressivement les espèces capables de transmettre la dengue, Zika et le chikungunya, en misant sur le même principe de lutte biologique que celui testé à Hawaï.
