Le dernier mercredi d’août a, comme chaque année, transformé les rues de Buñol en un champ de bataille coloré.
La Tomatina, réputée comme la plus grande bataille de tomates au monde, a rassemblé 22 000 participants qui se sont lancés pas moins de 120 tonnes de tomates à la figure dans une ambiance festive et débridée. Pourtant, derrière cette tradition populaire vieille de près de 80 ans, les critiques se multiplient.
La Tomatina est née en 1945, à la suite d’une bagarre improvisée lors d’une parade locale. Depuis, l’événement a gagné en ampleur et attire chaque année des milliers de curieux venus du monde entier pour se joindre à cette gigantesque mêlée rouge. Le festival est devenu une vitrine touristique importante pour Buñol, petite ville de la région de Valence.
Cette édition 2025 a été organisée dans un contexte émotionnel fort : les habitants de la région tentent encore de se remettre des violentes inondations d’octobre 2024, qui avaient fait 228 morts. Pour les autorités locales, la Tomatina devait marquer un moment de résilience collective et de retour à la vie normale. Mais la célébration a aussi ravivé des tensions. Certains habitants ont vu dans cette démonstration de joie un manque de décence, voire une forme d’oubli prématuré du drame.
Gaspillage alimentaire ou valorisation agricole ?
La Fédération des banques alimentaires espagnoles et plusieurs organisations écologistes dénoncent l’événement comme un symbole criant de gaspillage alimentaire, surtout dans un pays où la précarité alimentaire touche encore des milliers de familles. Une polémique renforcée par les déclarations du fournisseur de tomates, qui affirme que les fruits utilisés, contrairement à ce qu’assurent les organisateurs, sont adaptés à la consommation humaine.
Au-delà du gâchis alimentaire, c’est aussi le bilan écologique de la Tomatina qui inquiète. La culture et le transport des 120 tonnes de tomates nécessitent d’importantes ressources en eau et en énergie, dans un pays régulièrement touché par la sécheresse. Le nettoyage des rues après l’événement, qui mobilise des litres d’eau et du matériel motorisé, suscite également des interrogations sur la durabilité d’une telle manifestation.

