L’Inde pourrait bientôt lancer l’une des plus importantes commandes d’avions de chasse de la décennie : 114 Rafale supplémentaires dans le cadre du programme MRFA (Multi Role Fighter Aircraft). Une décision stratégique alimentée par les tensions géopolitiques croissantes et le besoin urgent de moderniser son aviation militaire.
Une réponse aux tensions régionales
La montée en puissance de la Chine, les différends frontaliers persistants, et les relations tendues avec le Pakistan placent l’Inde dans une position de vigilance accrue. Dans ce contexte, le remplacement progressif des anciens MiG-21, longtemps considérés comme obsolètes, devient une priorité pour New Delhi.
Rafale F4, le grand favori
Dans la compétition pour ce gigantesque contrat, le Rafale de Dassault Aviation, dans sa version F4, apparaît comme le candidat le mieux placé. Déjà éprouvé en conditions réelles et en service dans l’Indian Air Force depuis 2020, l’avion français séduit par sa performance, ses coûts logistiques compétitifs et l’avantage d’une flotte homogène. Cette cohérence opérationnelle jouerait un rôle clé dans le choix final.
Production en Inde : un enjeu industriel majeur
Conformément à la doctrine du « Make in India », une part significative des futurs Rafale serait assemblée localement. Dassault Aviation s’associerait au géant industriel indien Tata pour installer des lignes d’assemblage sur le territoire indien, créant ainsi des emplois et transférant un savoir-faire technologique stratégique.
Le nœud du code source
Un point sensible freine toutefois les négociations : l’Inde exige l’accès au code source des appareils, une condition indispensable pour pouvoir y intégrer ses propres armements. Cette demande suscite des réticences de la part des industriels français, soucieux de préserver leurs secrets technologiques et leur indépendance.
Vers un accord d’État à État
Pour accélérer les discussions et garantir une transparence politique, New Delhi souhaiterait opter pour un accord de type gouvernement à gouvernement (G2G) avec Paris, à l’image du contrat signé en 2016 pour les 36 premiers Rafale.
Une compétition en veille
Bien que d’autres avions de combat soient théoriquement en lice – notamment le F-35 américain et le Su-57 russe – aucune négociation concrète n’est en cours avec ces constructeurs. Le Rafale semble donc bénéficier d’un boulevard stratégique dans cette opération colossale, estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

