Restée immobile pendant plus de quarante ans dans une grange de Saône-et-Loire, une Renault 5 de 1982 quasiment neuve refait surface. Avec seulement 12 kilomètres au compteur et ses accessoires d’origine, la petite citadine attire déjà l’attention des collectionneurs avant sa mise aux enchères à Paris.
Une découverte inattendue agite actuellement le monde des collectionneurs automobiles. En Saône-et-Loire, une Renault 5 datant de 1982 a été retrouvée dans un état de conservation exceptionnel après être restée plus de quatre décennies à l’abri dans une grange. La citadine, presque neuve, sera présentée lors d’une vente aux enchères organisée à Paris, suscitant déjà une vive curiosité parmi les amateurs de voitures anciennes. Le véhicule a été découvert dans le village de Laives lors du débarras d’une maison familiale. La propriétaire, décédée en 2011, avait laissé la voiture à l’abandon dans une grange où elle était restée cachée sous des débris et recouverte de poussière. Malgré ces conditions d’oubli, la Renault 5 s’est révélée remarquablement bien conservée, protégée de l’humidité et des intempéries pendant plus de quarante ans. Les documents retrouvés avec la voiture racontent une histoire singulière : la propriétaire avait acheté la Renault 5 neuve en 1982 mais ne l’avait pratiquement jamais utilisée. Après avoir échoué à deux reprises à l’examen du permis de conduire, elle avait finalement réussi à l’obtenir sans toutefois oser prendre le volant. Selon plusieurs voisins, elle préférait continuer à se déplacer à vélo, par appréhension de conduire, et la voiture est ainsi restée immobilisée dès son acquisition, ce qui explique aujourd’hui son kilométrage exceptionnel. Depuis sa sortie de concession, la Renault 5 n’a parcouru que 12 kilomètres. Lors de sa découverte, elle se trouvait toujours accompagnée de ses papiers d’origine, de ses tapis provisoires installés lors de la livraison et même de ses plaques d’immatriculation définitives restées dans le coffre, jamais montées sur le véhicule. Le modèle retrouvé est une Renault 5 TL cinq portes équipée d’un moteur de 1 108 cm³ associé à une boîte manuelle à quatre vitesses. La voiture est habillée d’une teinte métallisée relativement rare pour l’époque, appelée « Bleu de schiste », proposée en option dans les années 1980. À l’époque, le véhicule avait été acheté chez le concessionnaire Sodirac à Chalon-sur-Saône pour 40 000 francs, soit environ 6 100 euros actuels. Lors de sa livraison à domicile — la propriétaire ne possédant pas encore son permis de conduire — la voiture avait reçu une immatriculation provisoire valable quinze jours, un détail conservé dans les documents d’origine qui participe aujourd’hui au caractère presque intact du véhicule, comme figé dans le temps. Selon Raphaël de Serres, commissaire-priseur de la maison de ventes Aguttes chargée de la vente, la voiture n’a subi aucune restauration après sa découverte et a simplement été nettoyée afin d’en révéler l’état réel. L’absence de corrosion s’expliquerait notamment par les conditions de stockage dans la grange et par la présence de tas de bois qui auraient absorbé l’humidité ambiante. La Renault 5 est actuellement exposée à l’Espace Champerret, à Paris, où se tient l’exposition préalable à la vente aux enchères prévue le dimanche 15 mars. L’événement rassemble près d’une centaine de véhicules de sport et de prestige, dont certains modèles particulièrement rares, parmi lesquels une Ferrari 599 GTO estimée à environ 800 000 euros et produite à seulement 550 exemplaires. Pourtant, malgré la présence de ces voitures d’exception, c’est bien la petite citadine française qui attire l’essentiel de l’attention du public et des médias. Les visiteurs se montrent souvent surpris par son état de conservation et par son kilométrage extrêmement faible. Dans le milieu automobile, ce type de découverte est souvent qualifié de « Barn Find », une expression anglaise utilisée pour désigner une voiture rare retrouvée par hasard dans une grange après des années d’oubli. La Renault 5 ne peut toutefois pas reprendre la route immédiatement : après plus de quarante ans d’immobilisation, le moteur est figé même s’il n’est pas totalement bloqué et une remise en état nécessiterait notamment une révision complète des fluides ainsi que plusieurs vérifications mécaniques. Pour cette raison, certains spécialistes estiment que l’acquéreur pourrait être un collectionneur souhaitant conserver le véhicule dans son état d’origine et l’exposer plutôt que le remettre en circulation. Au-delà de son état exceptionnel, la voiture suscite aussi une forte nostalgie auprès des visiteurs, beaucoup y voyant l’un des symboles des voitures populaires des années 1980 et se souvenant de leurs premières expériences de conduite à bord de modèles similaires.
Une découverte dans une grange
Dans le monde des collectionneurs automobiles, ces découvertes tiennent parfois du conte. Des voitures oubliées pendant des décennies refont soudainement surface dans des lieux inattendus, donnant l’impression d’ouvrir une véritable capsule temporelle où un morceau d’histoire automobile serait resté figé. Dans les campagnes françaises, de nombreuses dépendances anciennes abritent encore des véhicules laissés à l’arrêt pendant des années, souvent remisés après un changement de situation dans la vie de leur propriétaire. Avec le temps, ces voitures tombent dans l’oubli jusqu’au jour où quelqu’un ouvre enfin la porte d’une grange restée fermée pendant longtemps, révélant parfois un modèle qui semblait avoir disparu depuis des décennies. Pour les passionnés, ces découvertes représentent de véritables trésors car elles permettent de retrouver des voitures dans un état proche de celui de leur sortie d’usine. Dans un univers où la plupart des véhicules anciens ont été restaurés ou transformés au fil du temps, tomber sur une automobile restée intacte pendant plusieurs décennies relève presque du miracle. Ces voitures racontent aussi une histoire humaine faite de souvenirs, de projets interrompus ou de circonstances inattendues, et au-delà de leur valeur financière elles constituent également une part du patrimoine industriel et social, rappelant une époque où l’automobile représentait bien plus qu’un simple moyen de transport : un symbole de liberté, de modernité et parfois même de rêve.
