Angelina Jolie est venue évoquer son attachement au cinéma français à l’occasion de la sortie prochaine de Coutures. Réalisé par Alice Winocour, le film sera en salles la semaine prochaine.
L’actrice américaine y incarne Maxine, une réalisatrice venue à Paris pour conclure un contrat décisif, qui apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Un rôle intime, qu’elle a accepté d’interpréter en français, et dans lequel elle se met à nu, au sens propre comme au figuré. Pour la première fois à l’écran, elle montre son corps marqué par des cicatrices, un choix qu’elle présente comme une nécessité liée au personnage et non comme une provocation.
Le récit fait écho à son histoire personnelle. Angelina Jolie a rappelé la perte de sa mère et de sa tante, toutes deux emportées par un cancer, ainsi que la double mastectomie préventive qu’elle avait rendue publique il y a une dizaine d’années. Elle insiste toutefois sur le fait que le film refuse de réduire une femme à sa maladie. Elle raconte que, lorsque sa mère était malade, les échanges se limitaient à son état de santé : « elle était devenue le cancer », les conversations ne portant plus ni sur sa vie, ni sur son travail, ni sur ses lectures.
À ses yeux, le cinéma français laisse davantage de place à la complexité des personnages, au désir et à la féminité, même dans la douleur. Elle décrit une méthode de travail fondée sur de longues discussions autour des personnages, de leur philosophie et du sens du récit. Une approche qu’elle juge « plus loin, plus en profondeur », « plus psychologique », et plus rare ailleurs.
Travailler à Paris avec des acteurs comme Vincent Lindon et Louis Garrel l’a marquée, au-delà du défi linguistique. Intimidée à l’idée de parler français face à « ces grands acteurs », elle dit avoir trouvé sur les plateaux une bienveillance rare. Personne, assure-t-elle, ne lui a donné le sentiment d’être jugée, et tous l’ont aidée.
Elle décrit le cinéma français comme un espace qui lui a permis d’explorer autrement son métier, ses fragilités et ses engagements. Un cinéma qui prend le temps de penser les personnages, de parler de philosophie et de sens, sans crainte d’être « un peu plus intello ». Elle affirme y avoir trouvé exactement ce qu’elle cherchait.
