Neuf personnes ont été mises en examen dans l’enquête sur une vaste escroquerie à la billetterie du Musée du Louvre, a indiqué le parquet de Paris. L’un des suspects a été placé en détention provisoire, tandis que les huit autres ont été laissés libres sous contrôle judiciaire.
La personne incarcérée est poursuivie pour escroquerie en bande organisée, usage de faux, aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en bande organisée, corruption active, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs. Six autres mis en cause ont été mis en examen pour les mêmes chefs et placés sous contrôle judiciaire. Deux personnes supplémentaires sont poursuivies pour complicité d’escroquerie en bande organisée, corruption passive, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs, également sous contrôle judiciaire.
Les neuf suspects ont été interpellés lors d’une opération de police destinée à démanteler un réseau de fraude à la billetterie du musée. Le préjudice est estimé à plus de 10 millions d’euros. Les enquêteurs ont saisi plus de 957 000 euros en espèces ainsi que 486 000 euros sur différents comptes bancaires. Une partie des fonds aurait été investie dans l’immobilier en France et à Dubaï.
Parmi les personnes mises en cause figurent deux agents du Louvre, des guides touristiques et une personne soupçonnée d’avoir organisé le réseau. Ils sont également suspectés d’escroquerie au préjudice du Château de Versailles.
L’enquête a débuté après une plainte déposée par le Louvre, qui signalait qu’un couple de guides chinois faisait entrer des groupes de touristes en réutilisant plusieurs fois les mêmes billets. D’autres guides ont ensuite été soupçonnés de pratiques similaires. Des surveillances et des écoutes ont permis de confirmer le réemploi répété de tickets.
Les investigations ont également fait apparaître des soupçons de complicité interne : certains guides auraient remis de l’argent liquide à des agents du musée en échange d’une absence de contrôle. Selon les éléments recueillis, le réseau pouvait faire entrer jusqu’à 20 groupes par jour depuis une dizaine d’années.
Cette affaire intervient dans un contexte déjà délicat pour le Louvre. Le 19 octobre 2025, le musée a été la cible d’un cambriolage qualifié de « casse du siècle », marqué par le vol de joyaux de la couronne. Cinq personnes ont été mises en examen dans ce dossier, dont quatre placées en détention provisoire, et le butin n’a pas été retrouvé. L’établissement a également été confronté à une fuite d’eau ayant endommagé un plafond peint du XIXe siècle, entraînant la fermeture de plusieurs salles, puis à la fermeture d’une galerie en novembre en raison d’avaries. Depuis la mi-décembre, un mouvement social du personnel dénonce les conditions de travail ; une nouvelle assemblée générale est prévue lundi afin de décider d’une éventuelle grève.
