Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Cette déclaration intervient dans un contexte de recomposition à droite, marqué par un rapprochement désormais assumé avec Nicolas Sarkozy.
Lors d’une cérémonie organisée à Villiers-sur-Marne en hommage à une policière tuée quinze ans plus tôt, les deux hommes ont longuement échangé en marge de l’événement. Selon plusieurs participants, ils ont évoqué l’avenir et les rapports de force au sein de la droite, affichant une proximité publique inhabituelle au regard de leurs relations passées.
Longtemps, leurs entourages respectifs les ont décrits comme appartenant à des mondes distincts, avec des styles et des parcours politiques différents. En 2017, Bruno Retailleau dirige la campagne de François Fillon, rival déclaré de Nicolas Sarkozy, et organise le rassemblement du Trocadéro, moment clé de cette séquence électorale.
La situation évolue après la dissolution de juillet 2024. Affaiblis à l’Assemblée nationale, Les Républicains choisissent d’entrer au gouvernement afin de continuer à peser politiquement. Élu président du parti avec 74 % des voix, Bruno Retailleau appelle immédiatement Nicolas Sarkozy pour l’informer de son élection, marquant une première étape dans leur rapprochement.
Lors de la formation du gouvernement Barnier, Les Républicains, forts de 47 députés, obtiennent le ministère de l’Intérieur pour Bruno Retailleau, deuxième poste dans l’ordre protocolaire. Cette nomination est rendue possible grâce à l’appui de Nicolas Sarkozy, jugé indispensable pour faire accepter la coalition à l’électorat de droite.
À Villiers-sur-Marne, Nicolas Sarkozy affiche publiquement sa proximité avec celui qui est désormais à la fois ministre de l’Intérieur et chef de LR. Après la condamnation de l’ancien président dans l’affaire libyenne, Bruno Retailleau lui apporte un soutien public appuyé.
Ce rapprochement, engagé dans un contexte de fragilité parlementaire et de recomposition politique, s’apparente à un mariage de raison appelé à durer jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.
