En 2012, porté par le succès mondial et la reconnaissance de The Artist, Michel Hazanavicius évolue avec sa compagne Bérénice Béjo dans un environnement très exposé, mêlant événements professionnels et mondains. C’est dans ce contexte qu’il croise la route du financier américain Jeffrey Epstein, sans connaître à l’époque la nature de ses activités criminelles.
Les documents communément appelés Epstein Files font apparaître plus de 300 occurrences du nom de Michel Hazanavicius, un volume qui suscite aujourd’hui des interrogations sur la réalité et l’ampleur de leurs relations. Selon ces archives, la première mise en contact aurait été proposée par une attachée de presse, dans un cadre professionnel et social courant à l’époque.
Le réalisateur indique avoir rencontré Epstein à trois reprises : deux fois en tête-à-tête et une fois lors d’un dîner réunissant une vingtaine de convives, parmi lesquels figurait également Woody Allen. Epstein lui est alors présenté comme un proche de ce dernier. Hazanavicius affirme qu’aucun élément ne lui permettait alors de soupçonner un comportement de prédateur.
Au printemps 2012, les échanges entre les deux hommes s’intensifient. Le cinéaste se rend à plusieurs reprises dans l’appartement parisien du financier, et des messages cordiaux sont échangés. La situation évolue lorsqu’Epstein formule une demande visant à trouver « une fille très belle et intelligente » pour l’accompagner lors d’une première parisienne. Hazanavicius répond que la seule personne correspondant à cette description est son épouse, Bérénice Béjo.
À la suite de cet échange, Bérénice Béjo alerte son compagnon et lui conseille de s’éloigner immédiatement d’Epstein. Le réalisateur affirme avoir alors décidé de couper tout contact. Les documents montrent toutefois que les échanges se poursuivent encore quelque temps après cet épisode. Hazanavicius demande notamment à Epstein s’il a finalement trouvé la jeune femme recherchée et l’aide à obtenir des places pour une projection de The Artist à l’Olympia.
Selon ces mêmes archives, les contacts deviennent ensuite plus espacés, avant de cesser définitivement en 2014. Michel Hazanavicius maintient qu’il n’a jamais eu connaissance des activités criminelles de Jeffrey Epstein au moment des faits et replace ces échanges dans le contexte d’un milieu professionnel alors marqué par de nombreuses interactions informelles.
