Huit comédiens de doublage français ont engagé une action collective contre deux sociétés d’intelligence artificielle qu’ils accusent d’avoir exploité leur voix sans autorisation. Ils dénoncent des pratiques commerciales qui, selon eux, portent atteinte à leur travail et à leurs revenus.

Les plateformes visées proposent, contre paiement, une fonctionnalité permettant de faire lire des textes par des voix issues d’un catalogue présenté comme composé de voix reconnaissables, parmi lesquelles figureraient celles de personnalités publiques et de doubleurs connus. Les comédiens affirment que leurs voix ont été clonées et intégrées à ces services sans qu’aucun consentement ne leur ait été demandé.

Certains d’entre eux indiquent reconnaître clairement leur voix lors de tests effectués sur les plateformes, malgré de légères modifications du timbre. Ils estiment que ces altérations ne suffisent pas à masquer l’origine des enregistrements et considèrent ces usages comme des actes parasitaires réalisés à des fins commerciales.

Les plaignants exigent le retrait de tous les modèles de clonage exploitant leur voix et réclament une indemnisation financière. Ils alertent sur un risque d’assèchement des opportunités de travail et sur la menace plus large que fait peser l’IA générative sur l’ensemble de la filière du doublage, en facilitant le remplacement de prestations humaines par des solutions automatisées.

Pour structurer leur mobilisation, les comédiens ont créé le collectif TouchePasMaVF, destiné à défendre un doublage réalisé par des humains et à alerter les pouvoirs publics. Ils soulignent la gravité de pratiques qui permettent d’utiliser leur voix pour faire dire n’importe quoi, sans contrôle ni rémunération.

L’affaire met en lumière un vide juridique concernant la protection de la voix face aux technologies d’IA. Des précédents internationaux ont déjà montré que des voix de célébrités pouvaient être utilisées sans consentement par des entreprises technologiques. L’avocat des comédiens affirme que le droit français s’applique dès lors que les contenus sont accessibles et commercialisés en France et indique qu’à défaut de réponse des plateformes concernées, une action en justice est envisagée.

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