La cérémonie des Grammy Awards s’est tenue à Los Angeles en réunissant de nombreuses figures de la musique internationale, dans un contexte où le tapis rouge a une nouvelle fois servi de vitrine à des choix vestimentaires très contrastés. Entre glamour classique et partis pris plus radicaux, la soirée a illustré la place croissante de la mode comme langage artistique à part entière.
Parmi les apparitions les plus remarquées, Chappell Roan s’est distinguée par une tenue qui a confirmé sa réputation d’artiste peu encline à respecter les codes traditionnels. Récompensée l’an dernier par le Grammy de la meilleure nouvelle artiste, elle est cette année revenue sur scène pour remettre cette même distinction à Olivia Dean. Pour cette séquence officielle, elle portait une robe de déesse signée Rodarte, dans un registre solennel et presque mythologique.
Le contraste avec son passage sur le tapis rouge était frappant. Chappell Roan avait alors opté pour une robe longue rouge foncé de la maison Mugler, transparente, dos nu, avec des bretelles suspendues au niveau des tétons. Cette silhouette s’inscrivait dans la lignée de la « naked dress » et faisait directement référence à une pièce emblématique de Thierry Mugler datant des années 1990, célèbre pour ses piercings aux tétons intégrés au vêtement. À l’époque, cette création avait suscité de vives controverses, certains y voyant une contrainte symbolique imposée aux femmes.
Cette robe culte a récemment refait surface dans les collections de Mugler, à l’occasion du premier défilé du nouveau directeur artistique Miguel Castro Freitas, un retour qui n’a pas manqué de provoquer des réactions polarisées. En s’appropriant cette référence, Chappell Roan s’inscrit dans une démarche assumée de method dressing et de tenues baroques, utilisant l’histoire de la mode comme matériau narratif.
La cérémonie a par ailleurs mis en lumière l’omniprésence de la haute couture, avec plusieurs maisons mobilisées pour habiller les artistes invités. Chanel, Schiaparelli ou encore Louis Vuitton figuraient parmi les signatures les plus visibles de la soirée. Kendrick Lamar portait un smoking noir Chanel, tandis qu’Olivia Dean arborait une silhouette noir et blanc de la même maison.
De son côté, Bad Bunny est apparu dans un costume corseté Schiaparelli à dos lacé. Il est devenu à cette occasion le premier artiste latino à remporter le Grammy de l’album de l’année depuis Santana, une victoire célébrée dans une tenue qui associait performance musicale et affirmation stylistique.
