La poétesse et romancière franco-libanaise Vénus Khoury-Ghata est décédée à l’âge de 88 ans à Paris, ville où elle résidait depuis plus de cinquante ans. Son éditeur la considérait comme l’une des figures majeures de la littérature francophone contemporaine.
Née au Liban, Vénus Khoury-Ghata avait suivi des études de lettres à Beyrouth avant de publier ses premiers recueils de poésie. Elle s’était installée à Paris afin de fuir la guerre dans son pays d’origine, un exil qui marquera durablement son parcours personnel et littéraire. Son premier roman, Les inadaptés, avait ouvert une œuvre romanesque appelée à prendre une ampleur considérable.
Au fil de sa carrière, elle a publié près de quarante romans et une trentaine de recueils de poésie, traduits dans de nombreuses langues. Ses romans exploraient notamment les thèmes de l’exil et de la condition des femmes, comme dans Sept pierres pour la femme adultère ou Marina Tsvétaïéva, mourir à Elabouga. Son travail poétique s’est également imposé par des ouvrages tels que Fables pour un peuple d’argile et Demande à l’obscurité.
Dans son dernier roman, Ce qui reste des hommes, elle abordait avec humour et dérision des sujets sombres tels que la solitude, la vieillesse et le deuil, confirmant jusqu’au bout une écriture attentive aux failles humaines. L’ensemble de son œuvre a été salué par de nombreuses distinctions, dont le Grand Prix de poésie de l’Académie française et le Goncourt de la poésie pour Où vont les arbres ?, consacrant une trajectoire littéraire reconnue et durable.
