Albane Buriel, docteure en sciences de l’éducation de nationalité française, a accepté de témoigner publiquement pour la première fois après avoir été violemment agressée par des colons en Cisjordanie occupée. Les faits se sont déroulés dans le village bédouin de Mukhmas, situé entre Jérusalem et Ramallah, où plusieurs véhicules et bâtiments ont été incendiés lors de l’attaque.

Elle se trouvait sur place dans le cadre d’une « mission de présence protectrice », menée aux côtés d’activistes israéliens. Ce type d’initiative consiste à rester en continu auprès de communautés bédouines considérées comme particulièrement vulnérables, afin de tenter de dissuader les agressions de colons. Selon son témoignage, elle a été la cible directe d’une vingtaine de personnes qui lui ont lancé des pierres.

Albane Buriel raconte s’être mise à terre pour se protéger, avant d’être frappée par une personne munie d’une barre métallique très lourde. Elle affirme avoir reçu au moins une vingtaine de coups violents. Au moment de l’agression, elle se trouvait seule, les autres membres du groupe ayant pris la fuite. La voiture contre laquelle elle tentait de se protéger a ensuite été incendiée, l’obligeant à reculer malgré de fortes douleurs aux jambes.

Elle indique avoir vu, à distance, plusieurs individus mettre le feu à différents endroits du village avant de quitter les lieux. À la suite de l’agression, elle souffre de multiples contusions, avec d’importants hématomes, notamment à la jambe et dans le dos.

Si elle a choisi de parler aujourd’hui, c’est, selon ses mots, pour sensibiliser à des violences qu’elle qualifie d’incessantes et de terrorisantes, subies par les Palestiniens de Cisjordanie occupée. Elle explique que cette expérience lui a permis de comprendre de l’intérieur le traumatisme vécu par ces populations, évoquant une situation de vulnérabilité extrême et de dépossession totale. Elle estime que la situation ne cesse de s’aggraver et décrit une violence qu’elle considère comme systémique.

D’après les chiffres communiqués par l’armée israélienne, les violences commises par des colons ont augmenté de 25 % sur une année. Depuis 2024, dix Palestiniens auraient été tués et près de 400 blessés dans ce contexte.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *