À l’occasion de ses 90 ans, Marek Halter affirme continuer à écrire et à s’engager pour la paix, considérant cet âge comme « un cap, pas une fin ». L’écrivain et militant dit rester animé par la même énergie intellectuelle et politique, malgré le temps qui passe.

Il publie son 39e livre, Le Juif, qu’il présente comme une parabole, et indique avoir déjà achevé un 40e ouvrage, qui paraîtra prochainement. Ce nouveau roman raconte l’histoire d’un homme qui n’est pas juif mais que les autres perçoivent comme tel, en raison d’une circoncision pratiquée dans son enfance pour des raisons médicales.

À l’école, cette particularité physique devient le point de départ de moqueries, puis d’une assignation identitaire durable. Bien qu’il se définisse comme catholique, le personnage principal, Jean-David Dupuis, se voit progressivement enfermé dans une identité que le regard des autres lui impose. Il devient ainsi un « juif malgré lui », confronté à une étiquette dont il ne peut se défaire.

Le récit articule cette quête intime autour d’une intrigue d’espionnage inscrite dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, avec une volonté assumée d’ancrage dans le réel. À travers cette fiction, Marek Halter aborde la banalisation de l’antisémitisme, qu’il décrit comme un phénomène récurrent, susceptible de ressurgir lorsque les situations sociales ou politiques se détériorent, les Juifs étant alors désignés comme boucs émissaires.

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme constitue un fil conducteur de son parcours. Né en Pologne et naturalisé français, il a participé à la création de SOS Racisme et consacré une part importante de son œuvre à l’histoire et à la mémoire juives, notamment avec La Mémoire d’AbrahamLe Fils d’Abraham et une trilogie consacrée aux femmes de la Bible.

Marek Halter affirme continuer à dialoguer avec tous, y compris dans le cadre du dialogue interreligieux, et à défendre une solution négociée entre Israël et ses voisins arabes et palestiniens. Il réaffirme un principe qu’il dit n’avoir jamais abandonné : discuter avec son ennemi et rester optimiste, convaincu que l’engagement pour la paix doit s’inscrire dans la durée.

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