Un comédien originaire de Loire-Atlantique propose un projet théâtral singulier : un spectacle de douze heures, joué seul sur scène, tout au long d’une nuit complète. Cette performance s’inscrit volontairement en marge des formats traditionnels du spectacle vivant, tant par sa durée que par ses conditions de représentation.

Intitulée Marianne assassinée, la pièce mêle théâtre et polar. Elle se distingue par son déroulement nocturne et par l’implication directe du public dans le récit. Les spectateurs ne sont pas de simples observateurs : ils endossent le rôle de jurés et sont invités à suivre une enquête criminelle avant de se prononcer collectivement, au matin, sur la culpabilité ou l’innocence de l’unique acteur en scène.

La représentation se déroule de nuit, dans une salle de sport transformée pour l’occasion en espace scénique à deux niveaux. Des matelas sont installés afin de permettre au public de s’allonger. Chacun peut choisir de dormir ou de rester éveillé, d’écouter ou d’enquêter, tout en restant intégré au déroulement de l’histoire.

L’intrigue se construit comme une enquête continue, sans interruption, structurée sur l’ensemble de la nuit. Chaque séquence apporte de nouveaux éléments jusqu’au verdict final rendu à l’aube, à l’issue d’un processus collectif impliquant l’ensemble des spectateurs.

Le projet est né d’une rencontre entre Emmanuel Lambert et Étienne Russias, autour d’une réflexion sur les formes artistiques non classiques et sur la notion de performance physique prolongée. Deux conditions ont été posées pour accompagner la création : inscrire la pièce dans le registre du polar et associer les habitants du territoire à la démarche artistique.

L’écriture du texte s’est révélée particulièrement exigeante. Chaque heure du spectacle correspond à une séquence précise de l’enquête, nécessitant un important travail de structuration et de recherche. Le texte initial dépassait largement la durée prévue, ce qui a conduit à un long travail de synthèse et à une phase d’écriture intensive.

La mise en scène joue volontairement sur l’alternance entre des moments favorisant l’endormissement et d’autres demandant une attention maximale. Cette dynamique influence directement la perception des indices et la compréhension progressive de l’affaire par le public.

Environ soixante-dix personnes participent au projet. Des associations locales, des habitants volontaires et des participants à des ateliers d’écriture sont impliqués à différentes étapes de la création. Plusieurs ateliers sont organisés dans les bibliothèques du territoire afin d’enrichir le scénario et de renforcer l’ancrage local du spectacle.

Avec Marianne assassinée, cette proposition théâtrale explore une forme immersive qui interroge à la fois le rôle du spectateur, l’endurance de l’acteur et les cadres habituels de la représentation scénique.

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