Des spores de mousse ont démontré une capacité de survie inattendue après une exposition directe à l’environnement spatial. Placées sans protection à l’extérieur de la Station spatiale internationale pendant 283 jours, elles ont affronté le vide, les radiations, la microgravité et des variations de température extrêmes, avant de germer une fois revenues sur Terre. Cette observation constitue une première pour une plante terrestre et renouvelle les connaissances sur la résistance du vivant, avec des implications possibles pour l’exploration et l’installation humaine dans l’espace.

Une mousse choisie pour sa résistance

L’étude est dirigée par Tomomichi Fujita, professeur à l’Université d’Hokkaido. La mousse a été retenue en raison de sa capacité à survivre dans des milieux extrêmes, notamment dans l’Himalaya ou en Antarctique. Apparus il y a environ 500 millions d’années, les bryophytes ont colonisé la Terre bien avant les arbres et les fougères, à une époque où les conditions environnementales étaient particulièrement contraignantes.

Des tests préalables en laboratoire

Avant l’envoi dans l’espace, plusieurs formes de mousse ont été soumises à des simulations de conditions extrêmes. Les chercheurs ont testé leur résistance au vide, aux rayonnements ultraviolets et à des températures allant de −196 °C à +55 °C. Les jeunes mousses en phase de croissance ont été détruites par les UV. Les cellules porteuses produites en situation de stress ont présenté environ 70 % de mortalité sous rayonnement ultraviolet. Seules les spores encapsulées, entourées d’une structure protectrice, ont résisté à l’ensemble des contraintes.

Une exposition prolongée à l’extérieur de l’ISS

Les spores sélectionnées ont été installées à l’extérieur de la station spatiale par des astronautes. Elles y sont restées environ neuf mois, exposées à un environnement considéré comme potentiellement létal pour la plupart des organismes terrestres. Les scientifiques anticipaient alors un taux de survie très faible, voire nul.

Des taux de germination élevés après le retour

Contre toute attente, 86 % des spores totalement exposées ont germé après leur retour sur Terre. Lorsque les spores bénéficiaient d’une protection partielle contre les UV, le taux de germination atteignait 97 %. Ces résultats suggèrent l’existence de mécanismes cellulaires intrinsèques permettant de résister aux conditions spatiales. La structure entourant les spores absorbe notamment une partie des rayons ultraviolets, un trait hérité de l’adaptation des mousses lors de leur passage des océans à la terre ferme.

Implications pour les missions vers Mars

Les chercheurs estiment que ces spores pourraient survivre environ quinze ans dans l’espace tout en conservant leur capacité de germination, une durée compatible avec un trajet vers Mars. Des obstacles importants subsistent toutefois, comme la toxicité potentielle des sols martiens, une atmosphère très différente et des conditions environnementales aussi contraignantes que celles du vide spatial. L’étude s’est limitée à l’analyse de la germination et n’a pas évalué les effets à long terme sur le développement des plantes.

Les résultats obtenus indiquent que des organismes végétaux simples pourraient jouer un rôle dans de futurs projets d’écosystèmes hors de la Terre, notamment sur la Lune ou Mars. Ils montrent également que des formes de vie discrètes peuvent posséder des capacités d’adaptation élevées, remettant en question certaines limites supposées de la colonisation végétale au-delà de notre planète.

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