Connue pour son sel alimentaire, la ville de Guérande voit une partie très marginale de sa production connaître un usage bien différent. Lors des épisodes hivernaux, certains rebuts issus des marais salants sont utilisés pour lutter contre la neige et le verglas, principalement au bénéfice des communes locales.
Un sel technique, sans lien avec le sel alimentaire
Le sel employé pour le déneigement est du chlorure de sodium (NaCl). Il peut provenir des marais salants, mais il est impropre à la consommation humaine. Il ne doit pas être confondu avec le sel de table de Guérande — gros sel, sel fin ou fleur de sel — qui bénéficie d’une indication géographique protégée. Cette reconnaissance encadre strictement les critères de production et de qualité du sel destiné à l’alimentation.
Une production fondée sur l’évaporation naturelle
Dans les marais salants, la production repose sur l’évaporation de l’eau de mer. Le gros sel se dépose au fond des œillets, tandis que la fleur de sel se forme en surface. Cette dernière est récoltée en quantités beaucoup plus faibles, ce qui explique son prix plus élevé. L’ensemble du processus reste dépendant des conditions météorologiques et d’un savoir-faire traditionnel.
Des rebuts liés aux critères de l’IGP
Le sel utilisé pour le déneigement correspond à une fraction du gros sel qui ne respecte pas les exigences de l’indication géographique protégée. En cause principalement, la granulométrie : les grains supérieurs à 8 millimètres ne peuvent pas être moulus et sont donc exclus de la filière alimentaire. Ces rebuts représentent environ 0,8 % du volume total récolté, soit au maximum un peu plus d’une centaine de tonnes par an.
Une utilisation locale et peu rentable
Ce sel est essentiellement fourni aux communes environnantes, avec des sollicitations occasionnelles de villes plus éloignées lors d’épisodes neigeux marqués. Toutefois, sa commercialisation ne constitue pas une activité rentable pour la coopérative de producteurs : les recettes ne couvrent même pas les coûts logistiques liés au chargement et au transport.
Un marché largement dominé par le sel industriel
À l’échelle nationale, la quasi-totalité du sel de déneigement provient de productions industrielles ou minières. Ces sels, bien moins coûteux, sont disponibles en volumes très importants et répondent aux besoins massifs générés chaque hiver par l’entretien des réseaux routiers.
Des impacts environnementaux de plus en plus pris en compte
Bien que son efficacité et son faible coût soient reconnus, le sel de déneigement est source de pollution. Il dégrade la végétation, affecte la faune et contribue à la contamination des sols et des nappes phréatiques. Pour limiter ces effets, certaines collectivités privilégient des mélanges sel-sable ou recourent à des alternatives comme le sable, le gravier ou la pouzzolane, afin de réduire les quantités de sel épandues.
