Mike est un poulet resté célèbre pour avoir survécu environ dix-huit mois sans tête après avoir échappé à l’abattage. Son histoire débute à Fruita, une petite ville agricole du Colorado, et s’inscrit dans le contexte ordinaire d’une ferme familiale spécialisée dans l’élevage de volailles destinées à la vente.
Une anomalie observée lors de l’abattage
Mike appartenait à la famille Olsen, des fermiers installés à Fruita, dans le Colorado. À la ferme, les tâches étaient réparties de manière précise : Lloyd Olsen s’occupait de couper les têtes des poulets, tandis que Clara Olsen se chargeait de les plumer et de les nettoyer.
Après l’abattage, il n’était pas rare qu’un poulet continue à bouger pendant quelques instants. Toutefois, dans ce cas précis, un jeune coq est resté vivant bien au-delà de ce délai habituel. Le lendemain matin, l’animal montrait encore des signes de vie, ce qui a conduit Lloyd Olsen à tenter de le maintenir en vie.
Les premières réactions et l’intérêt scientifique
La nouvelle de ce poulet sans tête s’est rapidement répandue dans le voisinage. Des habitants sont venus à la ferme pour observer l’animal, attirés par ce phénomène inhabituel. Un promoteur nommé Hope Wade a découvert Mike et a convaincu la famille Olsen de l’emmener à l’université de l’Utah afin de procéder à une étude scientifique.
Les chercheurs ont établi qu’une partie de l’oreille, la veine jugulaire et la base du cerveau, responsable des fonctions motrices, étaient restées intactes. Ces éléments expliquaient la capacité de survie de l’animal malgré l’absence de tête.
Une notoriété relayée par les médias
Les journaux locaux ont rapidement relayé l’information, suscitant la curiosité d’un public plus large. Un petit spectacle a alors été mis en place pour permettre aux visiteurs de voir le poulet sans tête. Mike a ensuite été photographié pour un grand magazine national, ce qui a considérablement accru sa notoriété.
Il est devenu une attraction de foire, notamment sur la promenade de Long Beach, un lieu très fréquenté par des militaires. Selon Lloyd Olsen, l’arrivée de grands navires au port entraînait un afflux de marins venus observer Mike.
Une attraction itinérante rentable
L’entrée pour voir le poulet coûtait 25 cents. À son apogée, Mike attirait jusqu’à environ 600 visiteurs par jour. Il a également été présenté dans d’autres régions, notamment en Arizona et dans le sud-est des États-Unis.
Entre les tournées, l’animal retournait régulièrement à la ferme de Fruita pour des périodes allant d’un à deux mois. Il continuait à grandir comme un poulet normal et vivait avec le reste du troupeau, selon les témoignages de la famille.
Un héritage conservé par la famille Olsen
L’histoire de Mike a suscité un intérêt national durable. De nombreuses lettres ont été envoyées à la famille Olsen ainsi qu’au maire de Fruita. Le public est resté fasciné par ce cas singulier à travers les magazines, les journaux et les spectacles jusqu’à la mort de l’animal.
Clara Olsen a soigneusement conservé les traces de cette histoire en rassemblant photographies, billets, lettres et divers documents dans un album familial. Ce travail d’archivage a servi de base à plusieurs interviews et à la rédaction d’un livre consacré à Mike, le poulet sans tête.
