À Saint-Aignan de Grand Lieu, commune riveraine de l’aéroport Nantes Atlantique, le maire Jean-Claude Lemasson (divers gauche) a pris un arrêté municipal exceptionnel pour la nuit du 24 décembre 2025. Le texte autorise symboliquement « le Père Noël et ses rennes à s’affranchir du couvre-feu » aérien en vigueur au-dessus de l’agglomération nantaise.
Ce couvre-feu interdit normalement les vols entre minuit et 6 heures du matin. Il a été instauré fin 2019 par l’État dans le cadre de mesures compensatoires destinées à limiter les nuisances sonores subies par les riverains de l’aéroport, situé au cœur d’une zone densément urbanisée. Ces dispositifs ont toutefois fait l’objet de nombreuses critiques de la part des habitants et des élus locaux.
L’initiative du maire de Saint-Aignan de Grand Lieu intervient alors que la Cour des comptes a récemment publié un rapport consacré aux conséquences de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en 2018 et aux difficultés persistantes de Nantes Atlantique. L’institution y qualifie le couvre-feu de mesure la « plus emblématique » pour réduire les nuisances sonores, tout en soulignant que son application demeure « perfectible ».
Selon les données analysées, le nombre moyen de vols de nuit par semaine s’élevait en 2024 à 42, contre 48 entre avril et décembre 2019. Une diminution limitée, qui ne suffit pas à apaiser les tensions. La Cour des comptes estime que « dans l’ensemble, les mesures de protection de la population sont nombreuses et parfois peu lisibles », un constat partagé par de nombreux riverains.
La question de l’impact sanitaire du trafic aérien reste centrale dans le débat local. La maire de Rezé, commune particulièrement exposée aux survols, a récemment menacé d’attaquer l’État en justice si aucune mesure supplémentaire n’est prise pour réguler le trafic, invoquant la protection de la santé des populations.
Dans le cadre de deux Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE), l’État s’est engagé à adapter les trajectoires d’approche afin de réduire le nombre de riverains concernés par les nuisances. Des travaux sont jugés nécessaires pour relever l’altitude de survol de la commune de Saint-Aignan de Grand Lieu. Une modification des trajectoires de décollage face au sud est également prévue pour éviter le survol du bourg de La Chevrolière.
La Cour des comptes recommande enfin de mettre chaque année à disposition du public un bilan détaillé de l’impact des mesures compensatoires sur la réduction des nuisances sonores, afin d’en améliorer la lisibilité et d’en évaluer l’efficacité.
