Denis, lecteur de Dinan (Côtes-d’Armor), a remarqué un détail présent sur de nombreux cadrans à chiffres romains : le chiffre 4 y est parfois inscrit « IIII » au lieu de « IV ». Cette particularité, fréquente sur les montres et les horloges, s’explique par des raisons historiques, pratiques et esthétiques.
En chiffres romains, le nombre 4 peut s’écrire de deux façons correctes : « IIII » ou « IV ». Contrairement à une idée répandue, la forme « IV » n’a pas toujours été utilisée. Cette notation dite soustractive est apparue tardivement, vers la fin du Moyen Âge, aux alentours du XVe siècle.
La graphie « IIII », quant à elle, est beaucoup plus ancienne. Elle remonte à l’Antiquité et était déjà employée par les Égyptiens puis par les Romains. À cette époque, les chiffres romains reposaient principalement sur un principe additif, consistant à répéter les symboles plutôt qu’à en soustraire.
Dans le domaine de l’horlogerie, cette écriture ancienne reste privilégiée. Selon le magazine Ça m’intéresse, l’utilisation de « IIII » répond d’abord à une raison pratique. Sur un cadran, les chiffres sont disposés en cercle et se font face. La notation « IV » peut alors être confondue avec « VI », notamment lorsque le cadran est observé rapidement ou selon un angle inhabituel.
L’aspect visuel constitue un autre argument important. L’écriture « IIII » permet un meilleur équilibre graphique entre la partie gauche et la partie droite du cadran. La marque d’horlogerie Avenue Gousset indique que cette graphie offre un rendu plus harmonieux. Le chiffre « IIII » présente en effet une proximité visuelle avec le « VIII » situé à l’opposé, ce qui contribue à une meilleure symétrie d’ensemble.
Toujours selon Avenue Gousset, l’écriture en bâtons permet également de diviser le cadran en trois grands groupes de chiffres, facilitant ainsi une lecture plus rapide de l’heure. Cette organisation visuelle serait plus intuitive pour l’œil.
Enfin, l’utilisation de « IIII » limite les risques de confusion entre « IV » et « VI », un point important pour les personnes ayant des problèmes de vue. Ce choix, hérité de traditions anciennes, reste donc pertinent aujourd’hui pour des raisons de lisibilité et de clarté.
