Un tableau de 1674 intitulé De oppercommissarissen der Walen, attribué à Wallerant Vaillant, retient l’attention pour un élément inattendu : la représentation d’un homme tatoué. Cette présence constitue l’un des premiers exemples connus de tatouage figurant dans une peinture européenne du XVIIe siècle.

Un portrait monumental exposé à Amsterdam

Cette huile sur toile de près de deux mètres sur trois montre des administrateurs chargés de superviser les ports de l’IJ à Amsterdam. Malgré son titre, l’œuvre n’a aucun lien avec les “Wallons”. Elle est actuellement présentée à la Maison Willet-Holthuysen, où un détail jusque-là inaperçu a été relevé après son retour du musée H’Art.

Le tatouage confirmé dans la couche picturale originale

La restauratrice Liesbeth Abraham a identifié sur l’avant-bras du deuxième homme assis à gauche un motif représentant une comète. Les analyses ont établi que le tatouage appartient bien à la couche picturale originale, ce qui confirme qu’il a été peint en 1674 et non ajouté ultérieurement.

L’homme tatoué identifié comme Wessels Smits

Selon Judith van Gent, du Musée d’Amsterdam, cet homme serait Wessels Smits, marchand fortuné et probable commanditaire du tableau. Né vers 1618-1619, il a vécu à une époque marquée par l’observation d’une comète, un contexte pouvant éclairer le choix du motif sans en fournir l’explication précise.

Un motif rare dans un milieu protestant

L’expert en tatouage Henk Schiffmacher souligne l’importance de cette découverte, les tatouages étant alors interdits dans la communauté protestante néerlandaise. Leur présence dans un portrait officiel interroge sur les pratiques tolérées et sur l’image sociale de Smits.

Une découverte qui laisse des questions ouvertes

Plusieurs éléments demeurent inconnus : le lieu et les circonstances du tatouage, les raisons de son acceptation dans une œuvre officielle, ainsi que le choix d’une comète, souvent considérée comme un mauvais présage.

La révélation de ce détail réoriente l’interprétation du tableau et ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur les représentations et les usages sociaux du XVIIe siècle. Cette marque discrète devient un témoignage rare dans l’histoire visuelle du tatouage.

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