Le 19 juillet dernier, une scène pour le moins inhabituelle a attiré l’attention des habitants et des visiteurs près de la ville de Guiyang, dans la province chinoise du Guizhou.
Sur les eaux calmes du fleuve traversant le Grand Canyon de Nanjiang, un phénomène spectaculaire s’est produit : des centaines d’embarcations, alignées les unes derrière les autres, se sont retrouvées complètement immobilisées. Le cours d’eau, d’ordinaire fluide et paisible, s’est transformé en un véritable embouteillage aquatique. Cette situation inattendue a été provoquée par un afflux massif de visiteurs venus participer à une activité phare de la région : une journée de rafting au cœur de ce décor naturel grandiose.
Ce site est renommé dans toute la Chine pour ses paysages à couper le souffle, où falaises abruptes et eaux turquoise composent un panorama unique. En haute saison, il attire quotidiennement jusqu’à 8 000 amateurs de sensations fortes, venus parfois de très loin pour vivre cette expérience. Mais derrière cette popularité record se cachent des enjeux plus préoccupants. Comme dans de nombreuses destinations touristiques à travers le monde, le Grand Canyon de Nanjiang n’échappe pas au phénomène du surtourisme.
Les conséquences sont multiples et de plus en plus visibles : dégradations progressives de l’environnement, fragilisation des écosystèmes locaux, perturbations de la faune et de la flore, sans oublier l’apparition de tensions avec certaines communautés riveraines. Même l’expérience touristique, censée être immersive et apaisante, se retrouve altérée par la foule et l’attente.
Face à ce constat, de nombreux experts plaident pour un changement dans les habitudes de voyage. Parmi les solutions envisagées, l’une des plus fréquemment citées consiste à encourager les visiteurs à diversifier leurs destinations. En choisissant des lieux moins fréquentés, il serait possible de réduire la pression exercée sur les sites emblématiques, tout en répartissant plus équitablement les retombées économiques du tourisme. Cette approche permettrait également de limiter l’empreinte écologique globale des déplacements.
Car si le Grand Canyon de Nanjiang demeure un véritable joyau naturel, son avenir dépendra de la capacité à trouver un équilibre durable entre l’accueil des visiteurs et le respect de l’environnement. Préserver ce site d’exception implique de concilier activité touristique et sauvegarde des ressources, afin que les générations futures puissent elles aussi profiter de ses paysages spectaculaires.

